MAROC

Protection sociale & couverture santé

SOURCE EXCLUSIVE : CLEISS
Sources consultées et vérifiées en août 2026

Le Maroc dispose d’un système de protection sociale couvrant notamment la maladie-maternité, l’invalidité, la vieillesse, les survivants, les accidents du travail et maladies professionnelles, le chômage et les prestations familiales.

Le système a connu une extension importante de la couverture maladie. L’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) couvre les salariés du secteur privé, les travailleurs non salariés ainsi que différentes catégories de la population. Depuis le 1er décembre 2022, les personnes qui relevaient auparavant du RAMED ont notamment été intégrées à l’AMO TADAMON.

Pour le secteur privé, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) joue un rôle central dans la gestion de la protection sociale et de l’AMO. D’autres organismes interviennent pour le secteur public et certaines catégories professionnelles.

La France et le Maroc sont par ailleurs liés par une Convention générale de sécurité sociale signée le 22 octobre 2007, entrée en vigueur le 1er juin 2011. Cette convention organise la coordination de plusieurs branches de protection sociale entre les deux pays, notamment l’assurance maladie-maternité, l’invalidité, la vieillesse, les survivants, les prestations familiales et les accidents du travail et maladies professionnelles.

1. Le système de santé marocain

L’Assurance Maladie Obligatoire constitue le socle de la couverture santé pour les personnes qui y sont affiliées.

Pour les salariés du secteur privé, l’ouverture des droits à l’AMO est notamment subordonnée à la réalisation de 54 jours ouvrables de cotisation, successifs ou non, au cours des 6 mois précédant les soins, au paiement effectif des cotisations par l’employeur et à l’identification des ayants droit auprès de la CNSS.

Pour les travailleurs non salariés, la fiche CLEISS 2024 prévoit une période de stage de 3 mois à compter de l’immatriculation ainsi que le paiement effectif des cotisations.

Le conjoint peut bénéficier de la qualité d’ayant droit lorsqu’il ne relève pas lui-même d’un autre régime. Les enfants peuvent également être couverts jusqu’à 21 ans, jusqu’à 26 ans lorsqu’ils poursuivent des études supérieures et sans limite d’âge dans certaines situations de handicap.

Un libre choix des professionnels de santé

Le bénéficiaire de l’AMO dispose du libre choix de son praticien, de son établissement de santé et de son pharmacien.

Cette liberté constitue une caractéristique importante du système marocain. Elle doit cependant être distinguée du niveau de remboursement : la prise en charge est calculée selon les règles de l’AMO et notamment sur la base des tarifs nationaux de référence.

Secteurs public et privé

Le patient peut recourir au secteur public ou au secteur privé. Le niveau de prise en charge peut toutefois différer selon le type de soins et l’établissement choisi.

Pour un expatrié, il est donc important de distinguer la liberté de choisir un établissement de la part de la dépense qui sera effectivement remboursée par le régime obligatoire.

2. Quelle prise en charge ?

Consultations, examens et soins courants

Selon la fiche CLEISS 2024, les consultations de médecins généralistes ou spécialistes, les analyses biologiques, la radiologie, la rééducation, certains actes paramédicaux, la lunetterie et les médicaments admis au remboursement sont couverts à hauteur de 70 % du tarif national de référence.

Le CLEISS indique en 2024 un tarif national de référence de 80 MAD pour une consultation de médecine générale et de 150 MAD pour une consultation de spécialiste.

Le point essentiel est donc que le remboursement est calculé sur un tarif de référence et non nécessairement sur le montant réellement facturé au patient.

Hospitalisation

Selon le CLEISS 2024, l’hospitalisation et les soins ambulatoires liés à cette hospitalisation sont couverts à hauteur de 70 % à 90 % du tarif national de référence, selon qu’ils sont dispensés dans le secteur privé ou dans les hôpitaux publics.

Le choix d’une clinique privée et le niveau de ses honoraires peuvent donc avoir une incidence importante sur le reste à charge réel du patient.

Maladies graves, ALD et affections coûteuses

Le régime prévoit une protection renforcée pour certaines pathologies. Les prestations relatives aux affections de longue durée (ALD) et aux affections longues et coûteuses (ALC) font partie du panier de soins de l’AMO.

Selon le CLEISS 2024, les soins concernant des maladies graves ou invalidantes dispensés dans les services publics de santé sont pris en charge à 90 % du tarif de référence.

Lorsqu’une maladie grave ou invalidante nécessite des soins de longue durée ou particulièrement coûteux, la part restant à la charge de l’assuré peut faire l’objet d’une exonération partielle ou totale, dans les conditions prévues pour les ALD et ALC.

Médicaments

Les médicaments admis au remboursement entrent dans le panier de soins de l’AMO et sont, selon la fiche CLEISS 2024, pris en charge à hauteur de 70 % du tarif national de référence, sous réserve des règles particulières applicables à certaines pathologies.

Dentaire et optique

La lunetterie médicale fait partie du panier de soins couvert par l’AMO selon les conditions prévues par le régime.

Les prothèses dentaires sont également prises en charge mais, selon le CLEISS 2024, leur remboursement est plafonné à 3 000 MAD tous les 2 ans.

Pour une famille ayant des besoins importants en dentaire ou en optique, le niveau de couverture complémentaire constitue donc un élément à examiner spécifiquement.

3. Français au Maroc : détaché ou expatrié ?

Salarié détaché

La Convention franco-marocaine permet à un salarié envoyé temporairement au Maroc par son employeur français de rester soumis à la législation française de sécurité sociale, lorsqu’il remplit les conditions prévues par la convention.

La durée initiale du détachement peut atteindre 3 ans, congés compris. Le salarié ne doit notamment pas être envoyé en remplacement d’une personne arrivée au terme de sa propre période de détachement.

Lorsque l’activité doit se poursuivre au-delà de cette période, le maintien au régime de l’État d’origine peut être autorisé, avec l’accord des autorités compétentes, pour une nouvelle période ne dépassant pas 3 ans.

Le maintien à la législation française est attesté par le formulaire SE 350-01 « Certificat d’assujettissement ».

Travailleur indépendant

La convention prévoit également une disposition spécifique pour le travailleur non salarié qui effectue temporairement au Maroc une prestation de services directement liée à l’activité qu’il exerce habituellement en France.

Il peut rester soumis à la législation de son État de travail habituel lorsque la durée de cette prestation n’excède pas 6 mois.

Salarié expatrié

Lorsqu’un Français exerce durablement son activité professionnelle au Maroc sans bénéficier du détachement, il relève en principe de la législation marocaine de sécurité sociale.

Son affiliation et celle de sa famille doivent alors être examinées au regard du régime marocain et de la Convention franco-marocaine.

La convention présente ici un intérêt important : contrairement à certains accords bilatéraux plus limités, elle contient des dispositions de coordination en matière d’assurance maladie et maternité.

4. France–Maroc : une convention de sécurité sociale étendue

La Convention générale de sécurité sociale du 22 octobre 2007 organise une coordination relativement étendue entre les systèmes français et marocain.

Elle couvre notamment la maladie-maternité, l’invalidité, la vieillesse, le décès et la survie, les accidents du travail et maladies professionnelles ainsi que les prestations familiales, selon les catégories de personnes et législations visées par la convention.

Pour l’ouverture, le maintien ou le recouvrement de certains droits en matière de maladie-maternité, les périodes d’assurance accomplies dans l’autre État peuvent notamment être totalisées lorsque les conditions prévues sont réunies.

La convention prévoit également des dispositions concernant certains soins reçus lors d’un séjour temporaire dans l’autre État. Dans les situations prévues par le texte, un travailleur dont l’état nécessite immédiatement des soins lors d’un séjour temporaire peut bénéficier de prestations pendant une durée pouvant atteindre 3 mois, avec possibilité de prolongation dans certaines conditions.

Des formulaires bilatéraux de la série SE 350 permettent d’attester les périodes d’assurance, le maintien de certains droits ou l’accès aux prestations dans les situations prévues par la convention.

Cette coordination constitue un avantage important pour une mobilité France–Maroc, mais elle ne signifie pas que les niveaux de remboursement, les tarifs médicaux ou les conditions concrètes d’accès aux soins sont identiques dans les deux pays.

5. Les autres protections sociales au Maroc

Protection Principes essentiels
Accidents du travail L’assurance AT/MP est obligatoire pour les employeurs concernés et est souscrite auprès d’une société d’assurance. Elle couvre notamment les accidents du travail, les accidents de trajet et les maladies professionnelles. Le salarié est couvert dès son premier jour de travail, sans condition de stage. Elle prévoit notamment la prise en charge des frais médicaux et hospitaliers ainsi que des prestations en cas d’incapacité temporaire ou permanente.
Invalidité Pour les salariés, la pension vise notamment l’assuré de moins de 60 ans présentant une invalidité présumée permanente et une incapacité totale à exercer une activité lucrative. Selon le CLEISS 2024, il faut en principe au moins 1 080 jours d’assurance, dont 108 au cours des 12 mois précédant l’incapacité ; cette condition de stage n’est pas exigée lorsque l’invalidité résulte d’un accident non professionnel et que la personne était assurée à sa date.
Retraite Pour les salariés du secteur privé, la fiche CLEISS 2024 fixe l’âge de la pension CNSS à 60 ans, avec au moins 3 240 jours d’assurance et cessation de l’activité salariée. La pension de base correspond à 50 % du salaire mensuel moyen de référence pour 3 240 jours, puis augmente avec la durée d’assurance, dans les limites prévues par le régime.
Chômage L’indemnité pour perte d’emploi est destinée aux salariés du secteur privé remplissant les conditions requises. Selon le CLEISS 2024, il faut notamment avoir cumulé 780 jours de cotisations au cours des 36 derniers mois, dont 260 pendant les 12 derniers mois. L’indemnité représente 70 % du salaire de référence, dans la limite du salaire minimum légal, et peut être versée pendant 6 mois maximum.

Pour une carrière France–Maroc

La Convention franco-marocaine de sécurité sociale permet de coordonner les droits constitués au cours d’une carrière professionnelle partagée entre les deux pays.

En matière de vieillesse, les périodes d’assurance accomplies sous les législations française et marocaine peuvent notamment être totalisées lorsque cela est nécessaire pour ouvrir un droit à pension, dans les conditions prévues par la convention.

Chaque État demeure responsable de la pension correspondant aux droits constitués sous sa propre législation. Une carrière France–Maroc peut donc conduire au versement de pensions distinctes par les régimes français et marocain.

La convention organise également la coordination de l’invalidité et des prestations de survivants ainsi que, dans les situations qu’elle prévoit, des accidents du travail et maladies professionnelles.

Son champ est particulièrement intéressant pour une mobilité France–Maroc puisqu’il comprend également des mécanismes de coordination en matière de maladie et maternité.

Pour une personne ayant travaillé successivement dans les deux pays, il est donc important de conserver les justificatifs relatifs aux différentes périodes d’affiliation et de signaler l’ensemble de sa carrière aux organismes compétents lors de la liquidation de ses droits.

Sources

CLEISS – Fiche pays Maroc
Présentation des règles applicables à la protection sociale et à la mobilité entre la France et le Maroc.

CLEISS – Le régime marocain de sécurité sociale (2024)
Organisation de la protection sociale marocaine, affiliation, Assurance Maladie Obligatoire (AMO), maladie-maternité, invalidité, vieillesse, survivants, chômage, accidents du travail et prestations familiales.

CLEISS – Cotisations au Maroc (2024)
Cotisations sociales des salariés, employeurs, assurés volontaires et travailleurs non salariés, financement de l’AMO et des différentes branches de la protection sociale.

CLEISS – Convention générale de sécurité sociale entre la France et le Maroc
Convention signée à Marrakech le 22 octobre 2007, arrangement administratif général et protocoles annexes. Règles relatives à la législation applicable, au détachement, à la maladie-maternité, à l’invalidité, à la vieillesse, aux survivants et aux accidents du travail et maladies professionnelles.

CLEISS – Organismes de sécurité sociale au Maroc
Coordonnées des organismes compétents et de liaison, notamment la CNSS, la CMR et le RCAR.

CLEISS – Retraite française au Maroc : couverture maladie
Application de la Convention franco-marocaine aux titulaires d’une pension française résidant au Maroc et modalités de leur couverture maladie.