GRECE

Protection sociale & couverture santé

SOURCE EXCLUSIVE : CLEISS
Sources consultées et vérifiées en août 2026

La Grèce dispose d’un régime de protection sociale couvrant notamment la maladie-maternité, l’invalidité, la vieillesse, les survivants, le chômage ainsi que les prestations familiales. Il n’existe pas de branche autonome pour les accidents du travail et maladies professionnelles : ces risques sont pris en charge dans le cadre des assurances maladie, invalidité et survivants.

Depuis 2017, salariés et travailleurs indépendants relèvent de la même structure institutionnelle, le Fonds national électronique de sécurité sociale (e-EFKA), même si les modalités d’affiliation, de cotisation et certains droits peuvent varier selon le statut professionnel.

En matière de santé, le système grec associe un secteur public et un secteur privé. L’EOPYY joue un rôle central dans le financement et l’accès aux soins, tandis qu’une partie importante des prestataires privés intervient dans le cadre de conventions avec le régime public.

La Grèce étant membre de l’Union européenne, les mobilités professionnelles entre la France et la Grèce bénéficient des règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.

1. Le système de santé grec

Le système de santé grec repose sur un financement combinant recettes fiscales et cotisations sociales. Il comprend un réseau public de soins ainsi qu’un secteur privé important.

Le système public prend en charge les soins primaires, ambulatoires et hospitaliers d’urgence à travers notamment les centres de santé, cabinets médicaux ruraux et hôpitaux publics.

Le secteur privé comprend notamment des hôpitaux, centres de diagnostic, établissements de réadaptation, maternités et structures de soins gériatriques. Une partie importante de ces prestataires privés a conclu des contrats avec l’EOPYY afin de fournir des soins pris en charge dans le cadre du régime.

Le régime grec couvre totalement ou partiellement un ensemble étendu de prestations : consultations médicales, examens diagnostiques, physiothérapie, ergothérapie, logothérapie, psychothérapie, médicaments, dispositifs médicaux, soins dentaires, soins infirmiers, transports sanitaires, hospitalisation, maternité, réadaptation, prothèses et certains soins préventifs.

Le médecin de famille

L’assuré dispose du libre choix d’un médecin de famille appartenant au réseau public ou d’un médecin privé conventionné avec l’EOPYY.

Le médecin de famille joue un rôle important dans le suivi du patient et dans l’orientation vers les autres niveaux de soins.

Public et privé

Les soins ambulatoires peuvent être délivrés par des professionnels ou établissements publics mais également par des prestataires privés.

Pour un expatrié, le point essentiel consiste à vérifier si le médecin, laboratoire, centre de diagnostic ou établissement privé choisi est conventionné avec l’EOPYY. Le niveau de prise en charge peut différer lorsque le patient recourt à un prestataire hors du réseau conventionné.

2. Quelle prise en charge ?

Soins primaires et consultations

Les structures publiques de soins primaires relevant du système national de santé et de l’EOPYY sont accessibles dans les conditions prévues par le régime.

Le patient peut également consulter des médecins privés ayant conclu un contrat avec l’EOPYY.

La coexistence de ces deux circuits rend importante l’analyse du statut conventionné ou non du praticien choisi.

Spécialistes et examens

Les soins spécialisés peuvent être délivrés dans les établissements publics ou par des professionnels privés conventionnés.

Le système prévoit également la prise en charge totale ou partielle de nombreux examens diagnostiques, analyses biologiques et actes paramédicaux.

Pour un assuré nécessitant un suivi régulier, il convient donc d’examiner la disponibilité des spécialistes et structures nécessaires dans la zone de résidence ainsi que leurs modalités de conventionnement.

Hospitalisation

Les soins hospitaliers publics et les urgences font partie du panier de prestations couvert par le régime.

Le secteur privé hospitalier occupe également une place importante dans l’offre de soins grecque. Lorsqu’un assuré souhaite y recourir, les conditions de prise en charge dépendent notamment du conventionnement de l’établissement et des prestations réalisées.

Médicaments

Les médicaments prescrits peuvent être totalement ou partiellement pris en charge par le régime selon leur catégorie et la situation médicale du patient.

Les personnes souffrant de certaines maladies chroniques ou graves peuvent bénéficier de modalités de prise en charge renforcées pour les traitements concernés.

Pour un expatrié suivant un traitement régulier, il est donc important de vérifier avant le départ la disponibilité du médicament, ses conditions de prescription et son niveau de remboursement.

Soins dentaires, psychothérapie et réadaptation

Le panier de prestations comprend également certains soins dentaires, actes de psychothérapie, de physiothérapie, d’ergothérapie et de logothérapie, selon les conditions prévues par le régime.

Pour une famille ayant des besoins réguliers dans ces domaines, le niveau précis de remboursement et l’accès aux professionnels conventionnés doivent être vérifiés.

3. Français en Grèce : détaché ou expatrié ?

Salarié détaché

Un salarié envoyé temporairement en Grèce par une entreprise établie en France peut, lorsqu’il remplit les conditions prévues par les règlements européens, rester soumis à la législation française de sécurité sociale.

Le détachement est en principe prévu pour une durée maximale de 24 mois. Le maintien au régime français est attesté par le document portable A1.

Lorsque le salarié réside en Grèce pendant son détachement, le document portable S1 peut permettre son inscription auprès de l’institution grecque compétente afin de bénéficier des prestations en nature dans son État de résidence.

Salarié expatrié

Lorsqu’un Français exerce durablement son activité professionnelle en Grèce sans bénéficier du détachement, il relève en principe de la législation grecque de sécurité sociale.

En 2026, les cotisations sociales des salariés sont calculées sur la rémunération brute, dans la limite d’un plafond mensuel de 7 572 €.

Pour les soins de santé, le taux de cotisation est de 3,80 % à la charge de l’employeur et 1,65 % à la charge du salarié. Les prestations en espèces maladie-maternité sont financées par des cotisations supplémentaires de 0,25 % pour l’employeur et 0,40 % pour le salarié.

4. France–Grèce : coordination européenne

La France et la Grèce appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.

Ces règlements permettent notamment de déterminer la législation applicable à une personne mobile entre les deux pays et d’organiser la continuité de certains droits sociaux.

Selon la situation, plusieurs documents peuvent intervenir : A1 pour attester de la législation applicable, S1 pour l’accès aux soins dans certaines situations de résidence, CEAM pour les soins médicalement nécessaires lors d’un séjour temporaire et S2 pour certains soins programmés préalablement autorisés.

Cette coordination facilite la mobilité entre la France et la Grèce mais elle n’uniformise ni les parcours de soins, ni les niveaux de remboursement, ni l’accès au secteur privé.

Pour un Français installé en Grèce, l’analyse doit donc porter à la fois sur son statut social, ses besoins médicaux, son lieu de résidence et le type de professionnels ou établissements auxquels il souhaite recourir.

5. Les autres protections sociales en Grèce

Protection Principes essentiels
Accidents du travail Il n’existe pas de branche AT/MP autonome. Les conséquences des accidents du travail et maladies professionnelles sont couvertes par les assurances maladie pour l’incapacité temporaire, invalidité pour l’incapacité permanente et survivants en cas de décès.
Invalidité Le régime prévoit des pensions d’invalidité lorsque la capacité de travail de l’assuré est réduite dans les proportions prévues par la législation. Les droits et le montant varient notamment selon le taux d’invalidité, la durée d’assurance et les cotisations constituées.
Retraite Le régime grec combine une pension nationale, financée par l’État et soumise notamment à des conditions de résidence, et une pension contributive liée aux cotisations. Le régime général 2026 prévoit différents âges et conditions de liquidation selon la durée d’assurance et la situation de l’assuré.
Chômage L’assurance chômage est contributive. En 2026, elle est financée par une cotisation de 1,20 % employeur et 1,20 % salarié. L’ouverture et la durée des droits dépendent notamment des périodes d’emploi et de cotisation antérieures.

Pour une carrière France–Grèce

La France et la Grèce appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale. Une personne ayant travaillé successivement dans les deux pays bénéficie donc de mécanismes permettant de préserver les droits constitués au cours de sa carrière.

En matière de retraite, les périodes d’assurance accomplies en France et en Grèce peuvent notamment être totalisées lorsque cela est nécessaire pour ouvrir un droit à pension.

Chaque État examine ensuite les droits acquis conformément à sa propre législation et verse la pension qui lui incombe. Une carrière partagée entre la France et la Grèce peut ainsi conduire au versement de plusieurs pensions nationales correspondant aux périodes d’assurance accomplies dans chacun des pays.

Les règlements européens organisent également la coordination d’autres branches de protection sociale, notamment l’invalidité et le chômage, selon les règles spécifiques applicables à chacune d’elles.

Pour une personne ayant exercé dans plusieurs États européens, les périodes d’assurance constituées dans ces différents pays peuvent ainsi être prises en considération pour l’ouverture de certains droits, dans les conditions prévues par les règlements européens.

Sources

CLEISS – Fiche pays Grèce
Présentation de la protection sociale grecque et des règles applicables à la mobilité entre la France et la Grèce.

CLEISS – Le régime grec de sécurité sociale (2026)
Organisation du régime applicable aux salariés et travailleurs indépendants, maladie-maternité, invalidité, vieillesse, survivants, chômage, prestations familiales et garantie de ressources.

CLEISS – Le système de santé grec (2021)
Organisation et financement du système de santé, secteur public, rôle de l’EOPYY, prestataires privés conventionnés, soins primaires et spécialisés, hospitalisation, médicaments, santé mentale et autres prestations.

CLEISS – Cotisations en Grèce (2026)
Cotisations applicables du 1er janvier au 31 décembre 2026 aux salariés et travailleurs indépendants, financement de la santé, maladie-maternité, pensions et chômage.

CLEISS – Organismes de sécurité sociale en Grèce
Organismes compétents et de liaison pour la sécurité sociale, l’assurance maladie, les pensions et les prestations sociales.

CLEISS – Règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale
Règles applicables aux mobilités France–Grèce : législation applicable, détachement, soins de santé, retraite, invalidité, chômage et autres prestations sociales.