AUSTRALIE

Protection sociale & couverture santé

SOURCE EXCLUSIVE : CLEISS
Sources consultées et vérifiées en août 2026

Introduction

L’Australie dispose d’un système de protection sociale largement financé par l’impôt. En matière de santé, la couverture publique repose principalement sur Medicare, qui fonctionne conjointement avec un secteur privé important.

L’accès à Medicare dépend toutefois du statut de résidence et de la situation de la personne. Tous les Français installés ou travaillant temporairement en Australie ne bénéficient donc pas nécessairement des mêmes droits.

La France et l’Australie ne sont liées par aucune convention bilatérale de sécurité sociale. Cette absence d’accord a encore été confirmée par le CLEISS en juin 2026. Elle constitue un élément important à prendre en compte pour les Français qui s’installent en Australie, notamment en matière de continuité des droits sociaux et de protection santé entre les deux pays.

1. Le système de santé australien

Le système de santé australien repose sur un régime public universel appelé Medicare, complété par un secteur privé particulièrement développé.

Les prestations couvertes par Medicare sont définies par le Medicare Benefits Schedule (MBS). L’assuré peut choisir de s’en remettre uniquement à Medicare ou de compléter sa protection par une assurance santé privée.

L’accès à Medicare n’est cependant pas automatique pour toute personne résidant temporairement en Australie. Peuvent notamment y être affiliés les résidents permanents, certaines personnes ayant demandé la résidence permanente et disposant d’un permis de travail, ainsi que les ressortissants de pays ayant conclu avec l’Australie un accord de réciprocité en matière de soins de santé.

La France ne faisant pas partie des États liés à l’Australie par un accord de sécurité sociale, un Français doit donc examiner avec attention son statut migratoire et son éligibilité effective à Medicare.

2. Quelle prise en charge ?

Hospitalisation

Pour les personnes éligibles à Medicare, les soins reçus dans un établissement public sont pris en charge sans avance de frais.

Lorsque l’assuré choisit un établissement privé agréé, Medicare rembourse, selon la fiche CLEISS 2023/2024, 75 % du tarif fixé par le gouvernement. Une assurance privée peut compléter cette prise en charge.

Dans le secteur public, le patient ne choisit pas nécessairement son médecin ni la date d’une intervention non urgente. Les interventions programmées peuvent donner lieu à une inscription sur liste d’attente.

Consultations médicales

Pour les soins réalisés hors de l’hôpital, Medicare prend en charge, selon la fiche CLEISS 2023/2024, 85 % du tarif Medicare lorsqu’il s’agit d’un médecin conventionné.

Certains médecins pratiquent le Bulk Billing ou le Direct Billing : ils facturent alors directement Medicare et le patient n’a pas à avancer les frais correspondant au tarif couvert.

Lorsqu’un médecin pratique des honoraires supérieurs au tarif Medicare, la différence reste à la charge du patient.

Pour obtenir le remboursement d’une consultation chez un spécialiste, l’assuré doit en principe avoir consulté au préalable un médecin généraliste et disposer d’une lettre d’orientation.

Prestations non ou partiellement couvertes

Medicare ne couvre pas certains soins considérés comme non essentiels au sens du régime public. La fiche CLEISS 2023/2024 cite notamment les soins dentaires, l’acupuncture, la physiothérapie, l’orthophonie, certains soins ophtalmologiques, la chiropractie, les soins à domicile ainsi que les lunettes, lentilles de contact et appareils auditifs.

Ces postes peuvent donc représenter un reste à charge important en l’absence de couverture privée complémentaire.

Médicaments

Le Pharmaceutical Benefits Scheme (PBS) permet aux titulaires d’une carte Medicare de bénéficier d’une subvention sur de nombreux médicaments.

Selon la fiche CLEISS, le reste à charge par médicament était compris entre 7,70 AUD et 31,60 AUD à compter du 1er janvier 2024, selon la situation de l’assuré.

Les médicaments ne figurant pas sur la liste du PBS ne sont pas subventionnés et restent intégralement à la charge du patient.

Coût des soins

Le CLEISS donne plusieurs exemples de tarifs constatés dans sa fiche 2023/2024 : une consultation de médecin généraliste pouvait coûter entre 70 et 120 AUD, une première consultation chez un spécialiste environ 250 AUD, et une échographie entre 150 et 200 AUD.

Ces montants illustrent l’importance d’examiner non seulement le pourcentage de remboursement, mais aussi l’écart éventuel entre le tarif Medicare et le prix réellement facturé.

3. Français en Australie : détaché ou expatrié ?

Salarié détaché

En l’absence de convention de sécurité sociale entre la France et l’Australie, un salarié envoyé temporairement en Australie peut, sous certaines conditions, être maintenu au régime français en application de la seule législation française.

Le CLEISS indique que ce détachement peut être accordé pour une durée de 3 ans, renouvelable une fois.

Le maintien au régime français ne dispense toutefois pas nécessairement l’employeur ou le salarié des obligations sociales pouvant exister en Australie.

Pour les soins de santé, le salarié détaché demeure couvert par l’assurance maladie française dans la limite des prestations auxquelles il aurait eu droit pour des soins équivalents en France.

Compte tenu du niveau des frais médicaux pouvant être pratiqués en Australie, une différence significative peut donc subsister entre le coût réellement facturé et la base de remboursement française.

Salarié expatrié

Le salarié qui ne bénéficie plus du maintien au régime français relève de la législation applicable en Australie.

Sa protection dépend alors notamment de son statut de résidence, de son visa et de son éligibilité à Medicare.

Cette distinction est essentielle : l’exercice d’une activité professionnelle en Australie ne signifie pas nécessairement qu’un ressortissant français dispose immédiatement de l’ensemble des prestations sociales accessibles à un résident permanent.

Le CLEISS rappelle en effet que plusieurs prestations sociales australiennes sont soumises à des conditions de résidence, parfois longues.

4. France-Australie : absence de convention bilatérale de sécurité sociale

Contrairement à de nombreux pays européens ou à certains États liés à la France par une convention bilatérale, l’Australie n’a conclu aucun accord de sécurité sociale avec la France.

Cette absence de coordination a notamment des conséquences sur la continuité des droits entre les deux pays, la prise en compte de certaines périodes d’assurance et la protection des personnes qui changent de statut ou effectuent des mobilités temporaires.

Le CLEISS a confirmé en juin 2026 qu’aucune convention sociale n’était alors en vigueur entre les deux États. Il souligne notamment les différences structurelles entre les deux systèmes, en particulier le financement largement fiscal des pensions publiques australiennes et les conditions de résidence attachées à plusieurs prestations.

Pour un Français qui s’installe en Australie, il est donc particulièrement important de déterminer avant le départ son statut exact, ses droits à Medicare et la protection dont il disposera pendant la période de transition.

5. Les autres protections sociales en Australie

Au-delà de l’assurance maladie, le système australien couvre notamment les risques liés à la vieillesse, l’invalidité, le chômage ainsi qu’aux accidents du travail et maladies professionnelles.

Une particularité importante du système australien réside dans son financement : de nombreuses prestations sociales sont financées par l’impôt et attribuées en fonction de critères de résidence, de revenus et de patrimoine, plutôt qu’en fonction d’une durée de cotisation comparable au système français.

Protection Principes essentiels
Accidents du travail Chaque État ou territoire dispose de son propre régime. Les employeurs doivent assurer leurs salariés contre les accidents du travail et maladies professionnelles, généralement auprès d’assureurs privés. Les prestations peuvent couvrir les frais médicaux et un revenu de remplacement. Les travailleurs indépendants ne bénéficient pas de cette couverture obligatoire et doivent s’assurer eux-mêmes.
Invalidité La Disability Support Pension est destinée aux personnes dont l’incapacité limite durablement la capacité de travail. Selon le CLEISS 2023/2024, elle est notamment soumise à une condition de résidence de 10 ans au total, dont 5 années consécutives, sauf exceptions. Les revenus et ressources sont également pris en compte.
Retraite Le système australien est mixte : pension publique Age Pension, retraite obligatoire par capitalisation Superannuation, et éventuellement épargne volontaire. Selon le CLEISS 2023/2024, l’âge de l’Age Pension est de 67 ans depuis le 1er juillet 2023 pour les personnes nées à partir de 1957. Son attribution dépend notamment de conditions de résidence, de revenus et de patrimoine.
Chômage La protection repose notamment sur JobSeeker. Elle est financée par l’impôt et soumise à des conditions de résidence, de revenus et de ressources ainsi qu’à des obligations liées à la recherche d’emploi. Le système australien ne fonctionne donc pas comme une assurance chômage contributive comparable au régime français.

Pour une carrière France-Australie

La France et l’Australie n’étant liées par aucune convention bilatérale de sécurité sociale, il n’existe pas de mécanisme général de coordination permettant de totaliser les périodes d’assurance accomplies dans les deux pays comme cela peut être le cas au sein de l’Union européenne ou avec certains États conventionnés.

Cette absence de coordination est particulièrement importante en matière de retraite et d’invalidité, compte tenu des conditions de résidence attachées à plusieurs prestations australiennes.

Le CLEISS a encore confirmé en juin 2026 l’absence d’accord de sécurité sociale entre la France et l’Australie.

Sources

CLEISS – Fiche pays Australie
CLEISS – Le régime australien de sécurité sociale (2023/2024)
CLEISS – Vous partez travailler à l’étranger dans un État non lié à la France par une convention de sécurité sociale
CLEISS – Vous partez travailler en tant qu’expatrié dans un État non lié à la France par une convention de sécurité sociale
CLEISS – Actualité juridique, juin 2026