BRÉSIL
Protection sociale & couverture santé
SOURCE EXCLUSIVE : CLEISS
Sources consultées et vérifiées en août 2026
Le Brésil dispose d’un système de protection sociale couvrant notamment la maladie-maternité, l’incapacité de travail, l’invalidité, la vieillesse, les accidents du travail et maladies professionnelles, le chômage et certaines prestations familiales.
En matière de santé, la population peut accéder au Sistema Único de Saúde (SUS), système public de santé financé par l’impôt. Celui-ci coexiste avec un important secteur privé comprenant notamment des assurances et plans de santé ainsi que des coopératives médicales.
La France et le Brésil sont par ailleurs liés par un accord bilatéral de sécurité sociale signé le 15 décembre 2011 et entré en vigueur le 1er septembre 2014. Cet accord organise notamment certaines situations de mobilité professionnelle et permet, dans plusieurs branches, de préserver la continuité des droits entre les deux pays.
1. Le système de santé brésilien
Le système de santé brésilien repose sur la coexistence d’un secteur public et d’un secteur privé.
Le système public, le Sistema Único de Saúde (SUS), est financé par l’impôt et permet l’accès à des prestations de santé sans paiement direct par le patient dans le cadre du service public.
Il assure notamment des actions de prévention et de soins et permet l’accès aux consultations médicales, aux soins hospitaliers et à différentes prestations de santé.
Parallèlement au SUS, le Brésil dispose d’un secteur privé de santé développé. Le CLEISS mentionne notamment les assurances privées, les plans de santé proposés par différents organismes ainsi que les coopératives médicales regroupant des médecins et disposant de leurs propres structures de soins.
Pour un expatrié, la distinction entre accès au système public et recours au secteur privé constitue donc un élément important dans l’organisation de sa protection santé.
2. Quelle prise en charge ?
Soins dans le système public
Dans le cadre du SUS, les soins sont accessibles sans paiement direct par le patient. Le système public prend notamment en charge les consultations, les examens et les hospitalisations réalisés dans ses structures.
Le recours au système public doit toutefois être distingué du recours aux professionnels et établissements du secteur privé, dont les conditions de prise en charge dépendent notamment de l’existence et des garanties d’une assurance ou d’un plan de santé privé.
Hospitalisation
Les hospitalisations peuvent être réalisées dans les structures relevant du SUS ou dans le secteur privé.
Dans le secteur privé, la prise en charge dépend du contrat souscrit et notamment du réseau d’établissements auquel l’assuré a accès, des garanties prévues et des éventuelles limites contractuelles.
Pour un assuré ayant des exigences particulières en matière d’établissement, de praticien ou de conditions d’hospitalisation, il est donc important d’examiner précisément le périmètre de sa couverture.
Médicaments
Le système public brésilien prévoit la fourniture de certains médicaments dans le cadre des programmes et dispositifs organisés par le SUS.
La prise en charge dépend notamment du médicament concerné et des conditions prévues par les dispositifs publics. Les médicaments ou traitements ne relevant pas de ces dispositifs peuvent entraîner des dépenses restant à la charge du patient ou nécessiter une couverture privée.
Maladie et incapacité de travail
La protection sociale brésilienne prévoit également des prestations en espèces lorsqu’un assuré est temporairement incapable de travailler pour raison de santé.
Selon la fiche CLEISS 2025, pour un salarié, l’employeur maintient une indemnisation correspondant à 100 % du salaire de référence pendant les 15 premiers jours d’arrêt de travail.
À compter du 16e jour, l’INSS verse une indemnité correspondant à 91 % du salaire de référence, dans les conditions prévues par la législation brésilienne.
Le salaire de référence pris en compte est plafonné à 8 157,41 BRL en 2025.
3. Français au Brésil : détaché ou expatrié ?
Salarié détaché
Un salarié envoyé temporairement au Brésil par une entreprise établie en France peut, lorsqu’il remplit les conditions prévues par l’accord franco-brésilien de sécurité sociale, rester affilié au régime français.
Le détachement initial prévu par l’accord peut être accordé pour une durée maximale de 2 ans. Une prolongation peut ensuite être demandée, dans la limite de 2 années supplémentaires.
Le maintien au régime français est attesté par le formulaire prévu par l’accord franco-brésilien.
Le salarié détaché conserve le bénéfice de l’assurance maladie française et peut obtenir la prise en charge des soins reçus au Brésil sans cotisation supplémentaire au régime brésilien au titre des risques couverts par le détachement.
Pour obtenir le remboursement des soins engagés au Brésil, il adresse à sa caisse française les factures acquittées accompagnées du formulaire S 3125c « Soins reçus à l’étranger ».
Le CLEISS attire toutefois expressément l’attention sur un point important : les frais de santé au Brésil peuvent être plus élevés que ceux habituellement pratiqués en France. Il recommande donc au salarié détaché de vérifier auprès de sa complémentaire maladie si son contrat doit être adapté.
Salarié expatrié
Un Français qui exerce une activité professionnelle au Brésil sans bénéficier du maintien au régime français dans le cadre du détachement est, en principe, assujetti à la législation brésilienne de sécurité sociale.
Il bénéficie alors des prestations prévues par le régime brésilien pour lui-même et, selon les conditions applicables, pour les membres de sa famille résidant au Brésil.
L’accord franco-brésilien facilite toutefois le passage d’un régime à l’autre. Avant son départ, le salarié peut notamment demander à sa caisse française le formulaire SE 416-06, permettant la totalisation de certaines périodes d’assurance pour l’examen des droits aux prestations en espèces de l’assurance maladie-maternité.
L’affiliation au régime brésilien ne doit donc pas être confondue avec une continuité automatique de l’ensemble des droits français : la protection du salarié et de sa famille doit être examinée en fonction de leur situation précise et du champ couvert par l’accord bilatéral.
4. France–Brésil : une convention bilatérale de sécurité sociale
La France et le Brésil sont liés par un accord de sécurité sociale signé le 15 décembre 2011, complété par un accord d’application du 22 avril 2013. L’ensemble est entré en vigueur le 1er septembre 2014.
L’accord s’applique aux personnes relevant ou ayant relevé des législations française ou brésilienne visées par le texte, sans condition de nationalité.
Il repose notamment sur le principe selon lequel une personne exerçant une activité professionnelle sur le territoire de l’un des deux États relève normalement de la législation de sécurité sociale de l’État dans lequel elle travaille.
Le détachement constitue une exception à ce principe et permet, lorsque les conditions sont réunies, le maintien temporaire du travailleur au régime de son État d’origine.
L’accord organise également la coordination de plusieurs droits sociaux entre les deux pays. Il ne doit toutefois pas être assimilé aux règlements européens : son champ et les mécanismes de coordination diffèrent selon les branches de protection sociale et la situation du travailleur ou de sa famille.
Pour un Français qui s’installe au Brésil, il est donc essentiel d’identifier avant le départ son statut – détaché ou expatrié – ainsi que les droits effectivement ouverts pour lui-même et sa famille dans chacun des deux pays.
5. Les autres protections sociales au Brésil
| Protection | Principes essentiels |
|---|---|
| Accidents du travail | L’assurance couvre les salariés, travailleurs intermittents et agricoles contre les accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles répertoriées. Elle prévoit notamment des indemnités en cas d’incapacité temporaire, une rente en cas d’incapacité permanente partielle, une pension d’invalidité en cas d’incapacité permanente totale et une pension de survivant en cas de décès. En 2025, l’employeur verse 100 % du salaire de référence pendant les 15 premiers jours d’arrêt ; à partir du 16e jour, l’INSS verse 91 % du salaire de référence. |
| Invalidité | Une pension d’invalidité peut être attribuée lorsque l’assuré est reconnu par l’INSS totalement incapable d’exercer son activité ou toute autre activité lui permettant de subvenir à ses besoins. En cas de maladie, 12 mois de cotisations sont en principe nécessaires ; cette condition disparaît notamment en cas d’accident. En 2025, la pension correspond en principe à 60 % du salaire de référence, majorés de 2 % par année de cotisation au-delà de certains seuils. |
| Retraite | Le régime général brésilien RGPS, géré par l’INSS, fonctionne par répartition. Selon le CLEISS 2025, l’âge de la retraite de base des travailleurs urbains est de 65 ans pour les hommes et 62 ans pour les femmes, avec au moins 15 années de cotisations. Des règles particulières existent notamment pour les travailleurs ruraux, les personnes handicapées et certaines activités. |
| Chômage | Le salarié involontairement privé d’emploi peut bénéficier du Seguro Desemprego. En 2025, la durée d’indemnisation varie généralement de 3 à 5 mois selon les cotisations et le nombre de demandes antérieures. Pour une première demande, il faut notamment avoir cotisé 12 mois au cours des 18 mois précédents. L’employeur alimente parallèlement le compte individuel FGTS du salarié à hauteur de 8 % des gains. |
Pour une carrière France–Brésil
La France et le Brésil sont liés par un accord bilatéral de sécurité sociale entré en vigueur le 1er septembre 2014. Celui-ci permet de coordonner certains droits acquis successivement dans les deux pays.
En matière de retraite, les périodes d’assurance accomplies sous les législations française et brésilienne peuvent notamment être totalisées lorsque cela est nécessaire pour permettre l’ouverture d’un droit à pension.
Chaque État examine ensuite les droits acquis au regard de sa propre législation et verse la pension qui lui incombe. Une carrière partagée entre la France et le Brésil peut donc conduire au versement de plusieurs pensions correspondant aux périodes d’assurance accomplies dans chacun des deux pays.
L’accord prévoit également des mécanismes de coordination concernant notamment l’invalidité et certaines prestations liées à la mobilité professionnelle.
Cette coordination constitue un élément important pour les expatriés effectuant une partie significative de leur carrière au Brésil : elle permet de préserver la prise en compte de périodes d’assurance accomplies dans les deux États, dans les limites et selon les conditions prévues par l’accord franco-brésilien.
Sources
CLEISS – Fiche pays Brésil
Présentation de la protection sociale brésilienne et des règles applicables à la mobilité entre la France et le Brésil.
CLEISS – Le régime brésilien de sécurité sociale (2025)
Organisation du système de protection sociale, assurance maladie-maternité, accidents du travail et maladies professionnelles, invalidité, vieillesse, survivants, prestations familiales, assistance sociale et chômage.
CLEISS – Cotisations au Brésil (2025)
Taux de cotisation applicables aux salariés, travailleurs non salariés et assurés volontaires, ainsi que financement des accidents du travail et du chômage.
CLEISS – Organismes de sécurité sociale au Brésil
Autorités et organismes compétents, notamment l’Instituto Nacional do Seguro Social (INSS) – dernière mise à jour : janvier 2025.
CLEISS – Accord de sécurité sociale entre la France et le Brésil
Accord du 15 décembre 2011 et accord d’application du 22 avril 2013, entrés en vigueur le 1er septembre 2014. Champ d’application, législation applicable, détachement et coordination des droits sociaux entre les deux pays.
CLEISS – Travailler au Brésil en tant que détaché
Maintien au régime français, prise en charge des soins reçus au Brésil et recommandations concernant l’adaptation de la couverture complémentaire compte tenu du coût potentiel des soins.
CLEISS – Travailler au Brésil en tant qu’expatrié
Affiliation au régime brésilien de sécurité sociale et modalités de passage du régime français au régime brésilien dans le cadre de l’accord bilatéral.


