BULGARIE
Protection sociale & couverture santé
SOURCE EXCLUSIVE : CLEISS
Sources consultées et vérifiées en août 2026
La Bulgarie dispose d’un régime de protection sociale couvrant notamment la maladie-maternité, les accidents du travail et maladies professionnelles, la vieillesse, l’invalidité, le décès, le chômage et les prestations familiales.
Le système est principalement financé par les cotisations sociales des employeurs et des assurés. En matière de santé, la Caisse nationale d’assurance maladie (NHIF/NZOK) est chargée de la prise en charge des soins.
La Bulgarie étant membre de l’Union européenne, les mobilités professionnelles entre la France et la Bulgarie bénéficient des règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.
1. Le système de santé bulgare
Le système public de soins de santé couvre les personnes qui résident légalement en Bulgarie. La prise en charge des soins repose sur l’assurance maladie et sur les professionnels et établissements participant au système financé par la Caisse nationale d’assurance maladie.
Pour bénéficier de la prise en charge de ses soins, l’assuré doit avoir versé des cotisations d’assurance maladie pendant au moins 3 mois au cours des 36 mois précédant les soins. À défaut, il doit régler lui-même les frais et ne peut pas en demander le remboursement.
L’assuré choisit un médecin généraliste agréé par la Caisse nationale d’assurance maladie. Ce médecin joue un rôle central dans le parcours de soins : l’accès aux spécialistes intervient en principe sur sa prescription.
Le fonctionnement de l’assurance maladie doit donc être distingué du recours à des professionnels ou établissements en dehors des conditions de prise en charge prévues par le régime public.
2. Quelle prise en charge ?
Consultations médicales
Les assurés choisissent leur médecin traitant parmi les généralistes agréés par la Caisse nationale d’assurance maladie. Les consultations auprès de spécialistes sont en principe effectuées sur prescription du médecin généraliste.
Selon le CLEISS 2025, une participation forfaitaire de 2,90 BGN est due pour chaque consultation auprès d’un médecin ou dans un établissement de santé. Pour les retraités, cette participation est de 1 BGN en 2025.
Certaines catégories en sont exonérées, notamment les enfants de moins de 18 ans, les femmes enceintes jusqu’à 45 jours après l’accouchement et les personnes atteintes de certaines maladies prévues par la réglementation bulgare.
Hospitalisation
Les soins hospitaliers font partie des prestations couvertes par l’assurance maladie lorsqu’ils sont réalisés dans les conditions prévues par le système bulgare.
Le parcours d’accès aux soins et le statut du professionnel ou de l’établissement sont donc des éléments à vérifier avant une hospitalisation ou un traitement programmé.
Médicaments
La Caisse nationale d’assurance maladie participe à la prise en charge de médicaments prescrits dans le cadre des règles du régime bulgare.
Le niveau de prise en charge dépend notamment du médicament, de la pathologie concernée et de son inscription dans les dispositifs prévus par l’assurance maladie. Une partie du coût peut donc rester à la charge du patient.
Maladie et incapacité de travail
Outre les soins de santé, le régime bulgare prévoit des prestations en espèces en cas d’incapacité temporaire de travail, sous réserve des conditions d’assurance prévues par la législation.
Ces prestations sont gérées par l’Institut national des assurances sociales et doivent être distinguées de la prise en charge des soins assurée par la Caisse nationale d’assurance maladie.
3. Français en Bulgarie : détaché ou expatrié ?
Salarié détaché
Un salarié envoyé temporairement en Bulgarie par une entreprise établie en France peut, lorsqu’il remplit les conditions prévues par les règlements européens, rester soumis à la législation française de sécurité sociale.
Le détachement est en principe prévu pour une durée maximale de 24 mois. Le maintien à la législation française est attesté par le document portable A1.
Lorsque le salarié transfère sa résidence en Bulgarie tout en restant assuré en France, le document portable S1 permet, lorsque les conditions sont réunies, de s’inscrire auprès de l’institution d’assurance maladie de l’État de résidence afin d’y bénéficier des prestations en nature.
Salarié expatrié
Lorsqu’un Français exerce durablement son activité professionnelle en Bulgarie et ne bénéficie plus d’un détachement, il relève en principe de la législation bulgare de sécurité sociale.
Il est alors affilié au régime local selon les conditions applicables à son activité et bénéficie des prestations prévues par la législation bulgare.
Pour le courtier, la distinction entre détachement et expatriation est essentielle : elle détermine le régime de sécurité sociale applicable et les modalités selon lesquelles les dépenses de santé seront prises en charge.
4. France-Bulgarie : coordination européenne
La France et la Bulgarie appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.
Ces règles permettent notamment de déterminer la législation applicable à une personne mobile au sein de l’Union européenne et d’organiser la continuité de certains droits sociaux entre les deux États.
Elles prévoient également différents mécanismes selon la situation de l’assuré : document A1 pour attester de la législation applicable, document S1 pour certaines situations de résidence dans un autre État, carte européenne d’assurance maladie (CEAM) pour les soins médicalement nécessaires lors d’un séjour temporaire et document S2 dans le cadre de certains soins programmés autorisés.
Cette coordination facilite considérablement la mobilité entre la France et la Bulgarie, mais elle n’uniformise pas les systèmes de santé. Les conditions d’accès aux soins, les parcours médicaux, les participations financières et les modalités de prise en charge restent celles prévues par chaque législation nationale.
Pour un Français qui s’installe en Bulgarie, il convient donc d’identifier précisément son statut, ses droits au régime obligatoire et les éventuels besoins de couverture complémentaire ou internationale.
5. Les autres protections sociales en Bulgarie
| Protection | Principes essentiels |
|---|---|
| Accidents du travail | L’assurance couvre notamment les accidents survenus dans le cadre du travail, les accidents de trajet et les maladies professionnelles. En cas d’incapacité temporaire, l’indemnité correspond à 90 % du salaire brut journalier moyen des 18 mois précédents. Une pension peut être versée en cas de réduction permanente d’au moins 50 % de la capacité de travail. |
| Invalidité | Une pension peut être accordée lorsque la capacité de travail est réduite d’au moins 50 %. Le CLEISS distingue trois catégories selon le degré d’incapacité. La durée minimale d’affiliation requise varie selon l’âge de l’assuré. |
| Retraite | Le système bulgare comprend 2 piliers obligatoires, auxquels s’ajoute un 3e pilier facultatif. En 2025, l’âge légal est de 62 ans et 4 mois pour les femmes avec 36 ans et 8 mois d’affiliation, et de 64 ans et 8 mois pour les hommes avec 39 ans et 8 mois d’affiliation. L’âge doit progressivement atteindre 65 ans pour tous. |
| Chômage | Les salariés sont obligatoirement assurés. Il faut notamment justifier d’au moins 12 mois d’affiliation au cours des 18 mois précédant le chômage. En 2025, l’indemnité correspond en principe à 60 % du salaire journalier moyen soumis à cotisation des 24 derniers mois. Sa durée varie de 4 à 12 mois selon la durée d’affiliation. |
Pour une carrière France-Bulgarie
La France et la Bulgarie appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale. Une personne ayant travaillé successivement dans les deux pays bénéficie donc de mécanismes permettant de préserver les droits acquis au cours de sa carrière.
En matière de retraite, les périodes d’assurance accomplies en France et en Bulgarie peuvent notamment être totalisées lorsque cela est nécessaire pour ouvrir un droit à pension.
Chaque État calcule ensuite les droits correspondant à la carrière accomplie sous sa législation et verse la pension qui lui incombe. Une carrière France–Bulgarie peut donc conduire au versement de plusieurs pensions nationales, chacune correspondant aux droits constitués dans le pays concerné.
Les règlements européens organisent également la coordination d’autres branches de la protection sociale, notamment l’invalidité et le chômage, selon les règles propres à chacune d’elles.
Pour un expatrié ayant vocation à travailler dans plusieurs pays européens au cours de sa carrière, cette coordination constitue un élément essentiel : la mobilité professionnelle ne signifie pas la perte des périodes d’assurance précédemment constituées, sous réserve des conditions prévues par les règlements européens.
Sources
CLEISS – Fiche pays Bulgarie
Présentation de la protection sociale bulgare et des règles applicables à la mobilité entre la France et la Bulgarie.
CLEISS – Le régime bulgare de sécurité sociale des salariés (2025)
Organisation du régime, assurance maladie-maternité, accidents du travail et maladies professionnelles, vieillesse, invalidité, décès, chômage et prestations familiales.
CLEISS – Le régime bulgare de sécurité sociale des travailleurs indépendants (2025)
Affiliation et protection sociale des travailleurs indépendants, notamment en matière de santé, maladie-maternité, vieillesse, invalidité et décès.
CLEISS – Le système de santé bulgare
Organisation de l’assurance maladie obligatoire, rôle de la Caisse nationale d’assurance maladie (NHIF/NZOK), parcours de soins et organisation des secteurs public et privé.
CLEISS – Cotisations en Bulgarie (2025)
Taux de cotisation applicables aux salariés, employeurs et travailleurs indépendants pour les soins de santé et les différentes branches de la protection sociale.
CLEISS – Organismes de sécurité sociale en Bulgarie
Autorités et institutions compétentes en matière de santé, pensions, prestations sociales et recouvrement des cotisations – dernière mise à jour : juin 2025.
CLEISS – Règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale
Règles applicables aux mobilités France–Bulgarie : détermination de la législation applicable, détachement et coordination des droits sociaux.


