HONGRIE

Protection sociale & couverture santé

SOURCE EXCLUSIVE : CLEISS
Sources consultées et vérifiées en août 2026

La Hongrie dispose d’un régime de protection sociale couvrant notamment la maladie-maternité, l’invalidité, les accidents du travail et maladies professionnelles, la vieillesse, les survivants, le chômage, les prestations familiales et l’aide sociale.

Le système de santé repose sur une assurance sociale obligatoire, financée par les cotisations sociales et par l’impôt. Les soins sont dispensés par des structures publiques ainsi que par des prestataires privés ayant conclu un contrat avec l’organisme national d’assurance maladie.

L’Institut national d’administration du Fonds d’assurance maladie (NEAK) joue un rôle central dans le financement et l’administration de l’assurance santé, notamment pour la définition des conditions de prise en charge, des tarifs de remboursement et de l’accès aux prestations.

La Hongrie étant membre de l’Union européenne, les mobilités professionnelles entre la France et la Hongrie bénéficient des règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.

1. Le système de santé hongrois

Le système hongrois de santé est un système à vocation universelle reposant principalement sur une assurance sociale obligatoire. Il couvre notamment les travailleurs salariés et indépendants, les pensionnés, certains étudiants, les enfants de moins de 18 ans résidant durablement en Hongrie et les bénéficiaires de certaines prestations sociales.

Les soins peuvent être délivrés par des établissements publics ou par des prestataires privés conventionnés avec le NEAK.

Le régime couvre totalement ou partiellement un ensemble étendu de prestations : consultations et examens diagnostiques, soins hospitaliers, traitements et interventions chirurgicales, médicaments, dispositifs médicaux, soins dentaires, réadaptation, soins de longue durée et soins palliatifs.

Le rôle du médecin généraliste

Les assurés doivent s’inscrire auprès d’un médecin généraliste. Ils disposent d’une liberté de choix parmi les généralistes du secteur public et les médecins libéraux conventionnés.

Le médecin généraliste constitue le principal point d’entrée dans le système de soins et oriente généralement le patient vers les spécialistes lorsque cela est nécessaire.

L’accès direct reste toutefois possible pour certaines spécialités, notamment la dermatologie, la gynécologie, l’ophtalmologie, l’oncologie, l’urologie et la psychiatrie.

Secteur public et secteur privé

Le secteur privé intervient également dans le système hongrois, notamment pour certaines activités spécialisées comme la radiologie, la dialyse ou la chirurgie ambulatoire.

Lorsque le professionnel privé est conventionné avec le régime d’assurance maladie, les soins peuvent être pris en charge selon les règles du système public. En revanche, dans certaines structures privées, le patient doit faire l’avance des frais.

2. Quelle prise en charge ?

Consultations et spécialistes

Les soins spécialisés ambulatoires ou hospitaliers sont généralement accessibles sur prescription du médecin généraliste.

Le patient dispose d’un libre choix du spécialiste, mais celui-ci peut refuser des patients résidant en dehors de son secteur lorsqu’il ne dispose plus de capacité d’accueil.

Lorsqu’un patient consulte directement un spécialiste sans respecter le parcours prévu, alors qu’une prescription était requise, un ticket modérateur peut rester à sa charge.

Hospitalisation

Les soins secondaires et tertiaires sont assurés par des hôpitaux municipaux, des établissements départementaux, des hôpitaux universitaires et certains établissements spécialisés.

Le régime prend en charge les traitements médicalement nécessaires réalisés dans le cadre du système d’assurance maladie, notamment les actes médicaux, interventions chirurgicales et médicaments administrés pendant une hospitalisation.

Médicaments

Selon la fiche CLEISS 2022, les médicaments inscrits sur les listes de remboursement et délivrés en dehors d’une hospitalisation sont pris en charge par l’assurance maladie à hauteur de 25 % à 90 % du prix de référence, selon le produit, la pathologie et les conditions de prescription.

Pour certaines maladies graves ou chroniques, la prise en charge peut être intégrale ; le CLEISS indiquait en 2022 qu’un forfait de 300 HUF pouvait alors rester à la charge du patient.

Les médicaments administrés dans le cadre d’une hospitalisation sont intégrés à la prise en charge hospitalière.

Dentaire et dispositifs médicaux

Le régime prévoit la prise en charge totale ou partielle de certains soins dentaires, prothèses et dispositifs médicaux.

Le niveau de participation de l’assurance maladie dépend du soin ou du dispositif concerné. Les conditions doivent donc être examinées au regard des besoins précis du client et de sa famille.

Maladie et incapacité temporaire de travail

Le régime hongrois prévoit également des prestations en espèces en cas d’incapacité temporaire de travail.

Selon le CLEISS 2022, l’employeur maintient d’abord 70 % du salaire journalier brut moyen pendant au maximum 15 jours par an.

L’assurance maladie verse ensuite des indemnités journalières correspondant à 50 % du revenu journalier moyen lorsque l’assuré compte moins de 2 ans d’assurance ou lorsqu’il est hospitalisé, et à 60 % dans les autres situations. Ces prestations peuvent être versées pendant une durée pouvant atteindre un an.

3. Français en Hongrie : détaché ou expatrié ?

Salarié détaché

Un salarié envoyé temporairement en Hongrie par une entreprise établie en France peut, lorsqu’il remplit les conditions prévues par les règlements européens, rester soumis à la législation française de sécurité sociale.

Le détachement peut être prévu pour une durée maximale initiale de 24 mois. Le maintien au régime français est attesté par le document portable A1.

Lorsque le salarié transfère sa résidence en Hongrie pendant son détachement, le document portable S1 permet, lorsque les conditions sont réunies, de s’inscrire auprès de l’organisme d’assurance maladie hongrois afin d’y bénéficier des prestations en nature.

Salarié expatrié

Lorsqu’un Français exerce durablement son activité professionnelle en Hongrie sans bénéficier du détachement, il relève en principe de la législation hongroise de sécurité sociale.

Il acquitte alors les cotisations prévues par le régime hongrois et bénéficie des prestations locales selon les conditions applicables.

En 2026, le CLEISS indique que le salarié acquitte une cotisation sociale globale de 18,5 % du salaire brut. L’employeur verse parallèlement une taxe sociale de 13 % du salaire brut.

4. France–Hongrie : coordination européenne

La France et la Hongrie appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.

Ces règles déterminent notamment la législation applicable aux travailleurs mobiles et permettent d’assurer la continuité de certains droits sociaux entre les deux pays.

Plusieurs documents peuvent intervenir selon la situation : A1 pour attester de la législation applicable, S1 pour l’accès aux soins dans certaines situations de résidence dans un autre État, CEAM pour les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire et S2 pour certains soins programmés préalablement autorisés.

Cette coordination ne signifie cependant pas que les régimes français et hongrois deviennent identiques. Le parcours de soins, les conditions d’accès aux spécialistes, les participations financières et le recours aux prestataires publics ou privés restent déterminés par la législation hongroise.

Le courtier doit donc distinguer la continuité juridique des droits organisée par l’Union européenne du niveau concret de couverture santé dont bénéficiera le client une fois installé.

5. Les autres protections sociales en Hongrie

Protection Principes essentiels
Accidents du travail Il n’existe pas de branche AT/MP distincte : ces risques sont couverts par les assurances maladie, invalidité et survivants. Sont notamment couverts les accidents liés à l’activité et les accidents de trajet. Selon le CLEISS 2022, l’indemnité d’incapacité temporaire représente 100 % du revenu moyen, ou 90 % en cas d’accident de trajet, sans délai de carence.
Invalidité Le régime prévoit une indemnité de réadaptation ou d’invalidité selon l’état de santé de l’assuré et ses perspectives de réinsertion professionnelle. Selon le CLEISS 2022, le niveau de la prestation dépend notamment du degré d’altération de l’état de santé, de l’autonomie et du revenu antérieur.
Retraite L’assurance vieillesse obligatoire couvre les salariés, indépendants et assimilés. Selon la fiche CLEISS 2022, l’âge légal est de 65 ans pour les personnes nées en 1957 ou après. Une durée d’assurance d’au moins 15 ans est requise pour ouvrir un droit à pension et 20 ans pour bénéficier du montant minimum garanti. Un dispositif permet aux femmes remplissant certaines conditions de liquider leur pension après 40 années d’assurance, indépendamment de leur âge.
Chômage Pour ouvrir droit à l’allocation chômage, l’assuré doit notamment justifier d’au moins 360 jours d’assurance au cours des 3 années précédentes. Selon la fiche CLEISS 2022, une journée d’indemnisation est acquise pour 10 jours d’assurance, dans la limite de 90 jours. L’indemnité représentait 60 % du revenu mensuel moyen cotisable, dans la limite du salaire minimum national.

Pour une carrière France–Hongrie

La France et la Hongrie appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale. Une personne ayant travaillé successivement dans les deux pays bénéficie donc de mécanismes permettant de préserver les droits acquis au cours de sa carrière.

En matière de retraite, les périodes d’assurance accomplies en France et en Hongrie peuvent notamment être totalisées lorsque cela est nécessaire pour ouvrir un droit à pension.

Chaque État examine ensuite les droits acquis conformément à sa propre législation et verse la pension qui lui incombe. Une carrière partagée entre la France et la Hongrie peut ainsi conduire au versement de plusieurs pensions nationales correspondant aux périodes d’assurance accomplies dans chaque pays.

Les règlements européens organisent également la coordination d’autres branches de la protection sociale, notamment l’invalidité et le chômage, selon les règles propres à chacune d’elles.

Pour un expatrié amené à travailler dans plusieurs États européens, cette coordination constitue un élément essentiel : les périodes d’assurance constituées dans un autre État membre peuvent être prises en compte pour l’ouverture de certains droits, dans les conditions prévues par la réglementation européenne.

Sources

CLEISS – Fiche pays Hongrie
Présentation de la protection sociale hongroise et des règles applicables à la mobilité entre la France et la Hongrie.

CLEISS – Le régime hongrois de sécurité sociale des salariés et non-salariés (2022)
Organisation de la protection sociale, assurance maladie-maternité, accidents du travail et maladies professionnelles, invalidité, vieillesse, survivants, chômage et prestations familiales.

CLEISS – Le système de santé hongrois (2021)
Organisation et financement du système de santé, rôle du NEAK, soins primaires, accès aux spécialistes, établissements hospitaliers, secteur privé, médicaments, réadaptation et soins de longue durée.

CLEISS – Cotisations en Hongrie (2026)
Cotisations applicables du 1er janvier au 31 décembre 2026 aux salariés et travailleurs indépendants, cotisation sociale globale, taxe sociale et modalités de recouvrement.

CLEISS – Organismes de sécurité sociale en Hongrie
Organismes compétents pour la maladie-maternité, les pensions, l’invalidité, les accidents du travail, le chômage et les prestations familiales – dernière mise à jour : juin 2026.

CLEISS – Règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale
Règles applicables aux mobilités France–Hongrie : législation applicable, détachement, soins de santé, retraite, invalidité, chômage et autres prestations sociales.