ITALIE

Protection sociale & couverture santé

SOURCE EXCLUSIVE : CLEISS
Sources consultées et vérifiées en août 2026

L’Italie dispose d’un régime de protection sociale couvrant notamment la maladie-maternité, l’invalidité, la vieillesse, les survivants, le chômage, les accidents du travail et maladies professionnelles ainsi que les prestations familiales.

En matière de santé, le pays dispose d’un système public à vocation universelle, le Servizio Sanitario Nazionale (SSN). Il offre aux résidents un ensemble de soins de santé de base et est principalement financé par l’impôt.

Une particularité importante du système italien réside dans son organisation territoriale : le cadre général est défini au niveau national, mais l’organisation et l’administration des soins relèvent largement des régions et des unités sanitaires locales (ASL). Les conditions concrètes d’accès et certaines participations financières peuvent donc varier selon le lieu de résidence.

L’Italie étant membre de l’Union européenne, les mobilités professionnelles entre la France et l’Italie bénéficient des règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.

1. Le système de santé italien

Le Servizio Sanitario Nazionale (SSN) propose à l’ensemble des résidents des soins de santé de base. Le système est placé sous la tutelle du ministère de la Santé mais son organisation opérationnelle est largement assurée par les régions et les structures sanitaires locales.

Les prestations peuvent être délivrées dans des structures publiques ou privées conventionnées avec le SSN.

Les soins de base comprennent notamment la médecine générale, la pédiatrie, les soins liés à la maternité, l’hospitalisation et la prescription de médicaments.

D’autres prestations, telles que certaines consultations de spécialistes, les soins dentaires, les examens de laboratoire, les prothèses, les soins orthopédiques ou les cures thermales, peuvent n’être que partiellement prises en charge.

La participation du patient peut toutefois être réduite ou supprimée dans certaines situations, notamment en fonction des ressources, de l’appartenance à certaines catégories ou de la présence d’une maladie chronique.

Le rôle du médecin généraliste

L’assuré inscrit auprès du SSN choisit un médecin généraliste conventionné et, pour les enfants, un pédiatre.

Le médecin généraliste constitue le point d’entrée habituel dans le système et peut orienter le patient vers un spécialiste ou prescrire des examens lorsque cela est nécessaire.

Une organisation régionale

La législation nationale fixe des tarifs et principes de référence, mais les régions disposent d’une marge d’adaptation en fonction notamment de leur population, de leurs infrastructures médicales et de leurs ressources.

Pour un expatrié, la seule connaissance du système national ne suffit donc pas toujours : la région de résidence constitue également un élément à prendre en compte dans l’évaluation de la couverture santé.

2. Quelle prise en charge ?

Médecine générale et pédiatrie

Les consultations auprès du médecin généraliste ou du pédiatre conventionné avec le SSN font partie des soins de base proposés dans le cadre du système public.

Le médecin généraliste assure le suivi médical courant et oriente, lorsque cela est nécessaire, vers les autres niveaux du système de soins.

Consultations de spécialistes et examens

Les consultations spécialisées et différents examens diagnostiques peuvent donner lieu à une participation financière du patient (« ticket »).

Le niveau de cette participation dépend notamment de la prestation et des règles applicables dans la région concernée.

Certaines personnes peuvent bénéficier d’une exonération ou d’une réduction, notamment en fonction de leurs ressources, de leur âge ou de la présence de certaines maladies chroniques.

Hospitalisation

L’hospitalisation fait partie des soins de base couverts par le SSN lorsqu’elle est réalisée dans le cadre du système public ou auprès d’un établissement privé conventionné.

Le recours à un établissement ou à des prestations ne relevant pas du SSN doit être distingué de ce parcours : la prise en charge publique dépend du conventionnement et des règles prévues par le système italien.

Médicaments

Les médicaments sont répartis en différentes catégories déterminant leur prise en charge.

Certains médicaments nécessaires au traitement de maladies graves ou chroniques peuvent être pris en charge par le SSN, tandis que d’autres restent totalement ou partiellement à la charge du patient.

Les modalités de participation peuvent également varier selon les règles régionales.

Soins dentaires, prothèses et autres prestations

Les soins dentaires, prothèses, soins orthopédiques et certaines autres prestations ne bénéficient pas du même niveau de prise en charge que les soins médicaux de base.

Ils peuvent n’être que partiellement couverts par le SSN, voire rester à la charge du patient selon la prestation et sa situation personnelle.

Ces postes doivent donc être examinés spécifiquement pour une famille ayant des besoins réguliers ou importants.

3. Français en Italie : détaché ou expatrié ?

Salarié détaché

Un salarié envoyé temporairement en Italie par une entreprise établie en France peut, lorsqu’il remplit les conditions prévues par les règlements européens, rester soumis à la législation française de sécurité sociale.

Le détachement est en principe prévu pour une durée maximale de 24 mois. Le maintien à la législation française est attesté par le document portable A1.

Lorsque le salarié réside en Italie pendant son détachement, le document portable S1 lui permet, lorsque les conditions sont réunies, de s’inscrire auprès de l’institution italienne compétente afin de bénéficier des prestations en nature de l’assurance maladie dans son État de résidence.

Salarié expatrié

Lorsqu’un Français exerce durablement son activité professionnelle en Italie sans bénéficier du maintien au régime français, il relève en principe de la législation italienne de sécurité sociale.

Il bénéficie alors du système italien selon les conditions applicables à sa situation et s’inscrit auprès des organismes compétents, notamment pour accéder au SSN.

Pour le courtier, la distinction entre détachement et expatriation reste essentielle : elle détermine la législation de sécurité sociale applicable et les modalités selon lesquelles le client et sa famille accéderont aux soins.

4. France–Italie : coordination européenne

La France et l’Italie appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.

Ces règlements permettent notamment de déterminer la législation applicable à une personne mobile entre les deux pays et d’organiser la continuité de certains droits sociaux.

Plusieurs documents peuvent intervenir selon la situation : A1 pour attester de la législation applicable, S1 pour l’inscription aux soins dans certaines situations de résidence dans un autre État, CEAM pour les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire et S2 pour certains soins programmés préalablement autorisés.

Cette coordination facilite considérablement la mobilité entre la France et l’Italie mais elle n’harmonise ni les systèmes de santé, ni les niveaux de remboursement, ni les participations financières, ni les conditions de recours aux secteurs public et privé.

Pour un Français qui s’installe en Italie, l’analyse doit donc porter sur son statut social mais également sur sa région de résidence, ses besoins médicaux et le type de parcours de soins qu’il souhaite conserver.

5. Les autres protections sociales en Italie

Protection Principes essentiels
Accidents du travail L’assurance est gérée par l’INAIL et financée par l’employeur. Elle couvre les accidents du travail et maladies professionnelles et peut prendre en charge les soins, l’incapacité temporaire ainsi que les conséquences permanentes de l’accident ou de la maladie professionnelle.
Invalidité Le régime prévoit différentes prestations selon la réduction de la capacité de travail. L’allocation ordinaire d’invalidité concerne notamment l’assuré dont la capacité de travail est réduite de façon permanente à moins d’un tiers en raison d’une maladie ou d’un handicap, sous conditions d’assurance. Une pension d’inaptitude existe en cas d’incapacité totale et permanente à exercer une activité professionnelle.
Retraite Le régime obligatoire couvre la majorité des salariés et indépendants. Selon le CLEISS 2024, l’âge légal de référence est de 67 ans, sous réserve des conditions d’assurance et des différents dispositifs de départ prévus par la législation. Le calcul dépend notamment de la date d’entrée dans le régime et des cotisations constituées au cours de la carrière.
Chômage La NASpI couvre notamment les salariés ayant perdu involontairement leur emploi et remplissant les conditions requises. Selon le CLEISS 2024, sa durée correspond à la moitié du nombre de semaines de cotisations acquittées au cours des 4 années précédant la perte d’emploi, dans la limite prévue par le régime.

Pour une carrière France–Italie

La France et l’Italie appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale. Une personne ayant travaillé successivement dans les deux pays bénéficie donc de mécanismes permettant de préserver les droits acquis au cours de sa carrière.

En matière de retraite, les périodes d’assurance accomplies en France et en Italie peuvent notamment être totalisées lorsque cela est nécessaire pour ouvrir un droit à pension.

Chaque État examine ensuite les droits constitués selon sa propre législation et verse la pension qui lui incombe. Une carrière partagée entre la France et l’Italie peut ainsi conduire au versement de plusieurs pensions nationales correspondant aux périodes d’assurance accomplies dans chaque pays.

Les règlements européens organisent également la coordination d’autres branches de la protection sociale, notamment l’invalidité et le chômage, selon les règles propres à chacune d’elles.

Cette coordination est particulièrement importante pour les travailleurs dont la carrière alterne entre les deux pays : les périodes d’assurance constituées en France ou en Italie peuvent être prises en considération pour l’ouverture de certains droits, selon les conditions prévues par les règlements européens.

Sources

CLEISS – Fiche pays Italie
Présentation de la protection sociale italienne et des règles applicables à la mobilité entre la France et l’Italie.

CLEISS – Le régime italien de sécurité sociale (2024)
Organisation du régime, maladie-maternité, accidents du travail et maladies professionnelles, invalidité, vieillesse, survivants, chômage, prestations familiales et garantie de ressources.

CLEISS – Le système de santé italien
Organisation du Servizio Sanitario Nazionale (SSN), rôle des régions et unités sanitaires locales, soins de base, consultations spécialisées, hospitalisation et autres prestations de santé.

CLEISS – Cotisations en Italie (2026)
Cotisations applicables du 1er janvier au 31 décembre 2026 aux salariés et employeurs, financement de l’invalidité-vieillesse-survivants, maladie, maternité, chômage et accidents du travail, ainsi que cotisations des travailleurs indépendants.

CLEISS – Organismes de sécurité sociale en Italie
Organismes compétents et de liaison, notamment le ministère de la Santé, l’INPS, l’INAIL et les unités sanitaires locales.

CLEISS – Règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale
Règles applicables aux mobilités France–Italie : législation applicable, détachement, assurance maladie, retraite, invalidité, chômage et autres prestations sociales.