MALTE
Protection sociale & couverture santé
SOURCE EXCLUSIVE : CLEISS
Sources consultées et vérifiées en août 2026
Malte dispose d’un régime de protection sociale couvrant notamment la maladie, la maternité, l’invalidité, la vieillesse, les survivants, les accidents du travail et maladies professionnelles, le chômage ainsi que les prestations familiales.
Le système de santé maltais repose sur un service public de santé financé par l’impôt. Les citoyens maltais ainsi que les résidents qui cotisent en raison d’une activité professionnelle bénéficient de la couverture publique. Le conjoint à charge et les enfants peuvent également être couverts dans les conditions prévues par le régime.
Les soins publics sont largement pris en charge, mais le système distingue très nettement le secteur public du secteur privé. Lorsqu’un assuré choisit un prestataire privé, les frais restent en principe à sa charge, sauf intervention d’une assurance privée.
Malte étant membre de l’Union européenne, les mobilités professionnelles entre la France et Malte bénéficient des règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.
1. Le système de santé maltais
La tutelle du système de santé relève du Ministère de la santé. Le panier de prestations couvertes comprend notamment les soins médicaux primaires et préventifs, les services spécialisés, les examens diagnostiques, les soins infirmiers et paramédicaux, les urgences, l’hospitalisation, certains médicaments et dispositifs médicaux, certains soins dentaires, la réadaptation, les soins à domicile et les transports sanitaires.
Les personnes assurées bénéficient d’un accès aux structures publiques selon les conditions prévues par le régime.
Le rôle des centres de santé
Les médecins généralistes exerçant dans les centres de santé publics constituent un point d’entrée important dans le système.
Lorsqu’un suivi spécialisé est nécessaire, le médecin généraliste peut orienter le patient vers un spécialiste du secteur public. Les consultations correspondantes sont alors prises en charge par l’assurance maladie.
Hors situation d’urgence, l’accès aux cliniques publiques est organisé selon le secteur géographique de résidence.
Public et privé : une distinction essentielle
Les soins dispensés dans le secteur public sont entièrement pris en charge par l’assurance maladie dans les conditions prévues par le régime.
À l’inverse, le CLEISS précise que le recours aux prestataires de soins privés reste entièrement à la charge du patient, sauf lorsqu’une assurance privée intervient.
Pour un expatrié souhaitant privilégier un médecin, un spécialiste ou un établissement privé, cette distinction constitue donc un élément central dans l’évaluation de sa couverture santé.
2. Quelle prise en charge ?
Consultations et spécialistes
Les consultations réalisées dans les structures publiques sont prises en charge par le système public.
Les médecins généralistes des centres de santé orientent les patients vers les spécialistes lorsque cela est nécessaire. La consultation spécialisée réalisée dans le secteur public est également couverte.
Le recours volontaire au secteur privé suit une logique différente : les honoraires sont en principe à la charge du patient.
Hospitalisation
Une hospitalisation prescrite dans un hôpital public ne donne lieu à aucune participation financière du patient selon la fiche CLEISS 2023.
Les soins prénataux et postnataux ainsi que l’accouchement dans un hôpital public sont également entièrement pris en charge pour les assurées.
Médicaments
La couverture des médicaments constitue une particularité importante du système maltais.
Selon le CLEISS 2023, les médicaments figurant sur certaines listes sont délivrés gratuitement aux personnes disposant de faibles revenus.
Les personnes atteintes de certaines maladies chroniques ou malignes peuvent également bénéficier gratuitement des médicaments nécessaires au traitement de leur affection.
En revanche, pour les autres assurés, les médicaments sont en principe entièrement à leur charge, sauf lorsqu’ils sont délivrés pendant une hospitalisation et au cours des 3 jours qui suivent.
Soins dentaires
La plupart des soins dentaires ne sont pas couverts par l’assurance maladie publique.
Ils sont donc généralement facturés intégralement au patient lorsqu’ils sont réalisés par un dentiste privé. Les soins dentaires urgents dispensés à l’hôpital public constituent une exception.
Les enfants scolarisés bénéficient toutefois de certains soins préventifs et réparateurs ainsi que de certains traitements orthodontiques. Les bénéficiaires de l’aide sociale peuvent également avoir accès à des soins dentaires gratuits.
Maladie et incapacité temporaire
Le régime prévoit également des prestations en espèces en cas de maladie, sous conditions de cotisations.
Selon le CLEISS 2023, le salarié doit notamment avoir versé au moins 50 semaines de cotisations au cours de sa carrière et justifier d’au moins 20 cotisations hebdomadaires payées ou créditées au cours des 2 années précédentes.
3. Français à Malte : détaché ou expatrié ?
Salarié détaché
Un salarié envoyé temporairement à Malte par une entreprise établie en France peut, lorsqu’il remplit les conditions prévues par les règlements européens, rester soumis à la législation française de sécurité sociale.
Le détachement est en principe prévu pour une durée maximale de 24 mois. Le maintien au régime français est attesté par le document portable A1.
Lorsque le salarié réside à Malte pendant son détachement, il peut demander le document portable S1 à sa caisse française et le remettre à l’institution compétente maltaise afin de bénéficier des prestations en nature comme un assuré du régime local.
Il conserve parallèlement le bénéfice de son assurance maladie française pour les soins reçus en France.
Salarié expatrié
Lorsqu’un Français exerce durablement son activité professionnelle à Malte sans bénéficier du détachement, il relève en principe de la législation maltaise de sécurité sociale.
Les résidents qui cotisent au titre de leur activité professionnelle bénéficient de la couverture santé locale selon les conditions prévues par le régime.
En 2026, les cotisations sociales des salariés sont calculées sur la rémunération hebdomadaire de base et sont, dans les tranches proportionnelles, généralement réparties à parts égales entre salarié et employeur, à hauteur de 10 % chacun, sous réserve des planchers, plafonds et catégories prévus par la législation maltaise.
4. France–Malte : coordination européenne
La France et Malte appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.
Ces règlements permettent notamment de déterminer la législation applicable à une personne mobile entre les deux pays et d’assurer la continuité de certains droits.
Selon la situation, plusieurs documents peuvent intervenir : A1 pour attester de la législation de sécurité sociale applicable, S1 pour l’accès aux soins dans certaines situations de résidence, CEAM pour les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire et S2 pour certains soins programmés préalablement autorisés.
Cette coordination facilite la mobilité entre la France et Malte mais elle n’harmonise ni l’organisation des soins, ni les règles de prise en charge, ni le recours au secteur privé.
Pour un expatrié français, il est donc essentiel de distinguer la continuité juridique des droits européens de la couverture concrète dont il bénéficiera une fois installé à Malte.
5. Les autres protections sociales à Malte
| Protection | Principes essentiels |
|---|---|
| Accidents du travail | L’assurance AT/MP est obligatoire pour les salariés. L’incapacité doit durer plus de 3 jours pour ouvrir droit aux prestations. Selon le CLEISS 2023, l’indemnité d’incapacité temporaire est versée à partir du 4e jour et peut l’être pendant 12 mois maximum. L’accident de trajet n’est couvert que lorsque le véhicule utilisé est fourni par l’employeur. |
| Invalidité | Selon le CLEISS 2023, la pension contributive d’invalidité suppose notamment une incapacité de travail depuis au moins 6 mois, appelée à durer encore au moins un an, ainsi qu’au moins 250 cotisations hebdomadaires, avec une moyenne minimale de 20 cotisations par an depuis l’âge de 18 ans. |
| Retraite | Le régime contributif comprend notamment une pension dite « aux deux-tiers ». Selon la fiche CLEISS 2023, il faut avoir cotisé pendant au moins 10 ans et justifier d’une moyenne minimale de 15 cotisations par an sur la carrière. L’âge légal est de 64 ans pour les personnes nées entre 1959 et 1961 et de 65 ans pour celles nées en 1962 ou après. Une retraite anticipée à partir de 61 ans est possible sous conditions de durée de cotisation. |
| Chômage | Les salariés sont obligatoirement couverts. Selon le CLEISS 2023, il faut notamment avoir cotisé 50 semaines au cours de sa carrière et justifier de 20 cotisations payées ou créditées au cours des 2 dernières années. Chaque semaine cotisée ouvre droit à un jour d’indemnisation, dans la limite de 156 jours. |
Pour une carrière France–Malte
La France et Malte appliquent les règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale. Une personne ayant travaillé successivement dans les deux pays bénéficie donc de mécanismes destinés à préserver les droits acquis au cours de sa carrière.
En matière de retraite, les périodes d’assurance accomplies en France et à Malte peuvent notamment être totalisées lorsque cela est nécessaire pour ouvrir un droit à pension.
Chaque État examine ensuite les droits acquis selon sa propre législation et verse la pension qui lui incombe. Une carrière partagée entre la France et Malte peut donc conduire au versement de plusieurs pensions nationales correspondant aux périodes d’assurance accomplies dans chacun des pays.
Les règlements européens organisent également la coordination d’autres branches de protection sociale, notamment l’invalidité et le chômage, selon les règles propres à chacune d’elles.
Pour une personne dont la carrière s’est déroulée dans plusieurs États européens, les périodes constituées dans les différents pays peuvent ainsi être prises en considération pour l’ouverture de certains droits, dans les conditions prévues par les règlements européens.
Sources
CLEISS – Fiche pays Malte
Présentation de la protection sociale maltaise et des règles applicables à la mobilité entre la France et Malte.
CLEISS – Le régime maltais de sécurité sociale des salariés (2023)
Organisation du régime, maladie, maternité, invalidité, vieillesse, survivants, accidents du travail et maladies professionnelles, chômage et prestations familiales.
CLEISS – Le régime maltais de sécurité sociale des travailleurs indépendants
Protection sociale applicable aux non-salariés, notamment en matière de santé, cotisations et prestations sociales.
CLEISS – Le système de santé maltais
Organisation et pilotage du système de santé, soins primaires, spécialistes, hôpitaux, prestations couvertes et organisation des prestataires.
CLEISS – Cotisations à Malte (2026)
Cotisations applicables du 1er janvier au 31 décembre 2026 aux salariés et travailleurs indépendants, assiettes, plafonds et modalités de recouvrement.
CLEISS – Organismes de sécurité sociale à Malte
Organismes compétents et de liaison pour la santé, les prestations sociales et le recouvrement des cotisations – dernière mise à jour : février 2026.
CLEISS – Règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale
Règles applicables aux mobilités France–Malte : législation applicable, détachement, soins de santé, retraite, invalidité, chômage et autres prestations sociales.


